Une région à part entière, pas un simple prolongement du Lysefjord
La plupart des visiteurs arrivent à Stavanger avec déjà en tête un seul fjord : le Lysefjord, avec Preikestolen sur une paroi et Kjeragbolten sur l’autre. Ce fjord réunit les cartes postales, et c’est compréhensible. Mais il se situe à l’intérieur d’un ensemble plus vaste, souvent négligé — le Ryfylke, toute une région de fjords intérieurs, de vallées secondaires, de cascades et de petites communautés de pêcheurs et d’agriculteurs qui s’étend au nord-est de la ville, bien au-delà de là où s’arrêtent la plupart des itinéraires en bateau de croisière.
Réduire le Ryfylke à « ce qui reste autour du Lysefjord » lui rend un mauvais service. Le Lysefjord n’est qu’un fjord parmi plusieurs dans le réseau du Ryfylke, et une bonne partie de ce qui fait la particularité de la région — les cascades au-dessus de Frafjord, le canyon encombré de blocs de Gloppedalsura, la route tranquille de la vallée de Byrkjedal, la longue route intérieure vers Sirdal — n’a rien à voir avec le Lysefjord.
Cette page traite de cette région plus large : ce qu’elle contient réellement, comment y accéder maintenant qu’un ferry n’est plus nécessaire, et comment en profiter sans chercher à tout caser dans une seule journée précipitée.
S’y rendre : le tunnel qui a changé la géographie
Pendant la majeure partie de l’histoire récente du Ryfylke, y accéder depuis Stavanger impliquait une traversée en ferry, et les horaires des ferries limitaient discrètement l’étendue possible d’une excursion d’une journée. Cela a changé en 2019 avec l’ouverture du Ryfylketunnelen, élément du vaste projet Ryfast reliant Stavanger à la région du Ryfylke sans bateau.
Les chiffres méritent d’être connus pour eux-mêmes, pas seulement comme anecdote : le tunnel mesure environ 14,3 km, et son point le plus bas se situe à environ 292 mètres sous le niveau de la mer, ce qui en fait le tunnel routier sous-marin le plus long et le plus profond du monde. On remonte à la surface de l’autre côté, près de Jørpeland, et de là, tout le réseau routier du Ryfylke s’ouvre — plus aucun horaire de ferry à planifier, plus aucun risque de rater la dernière traversée du retour.
Cette seule infrastructure explique pourquoi le Ryfylke est désormais envisageable comme excursion d’une journée ou comme courte boucle en voiture, plutôt que comme une expédition de plusieurs jours. Elle n’a pas réduit la région, mais elle a supprimé le seul goulot d’étranglement qui limitait autrefois ce qu’on pouvait en voir.
| Itinéraire vers le Ryfylke | Temps depuis le centre de Stavanger | Remarques |
|---|---|---|
| Ryfylketunnelen jusqu’à Jørpeland | ~45-60 minutes en voiture | Aucun ferry, aucune dépendance à un horaire |
| Bateau/ferry vers les îles extérieures du Ryfylke | Variable, 1-2 heures ou plus | Toujours pertinent pour certaines communautés côtières |
| Excursion en fjord guidée par bateau | D’une demi-journée à une journée complète | L’excursion est un but en soi, pas un simple transport |
Jørpeland et Forsand : les villes portes d’entrée
Jørpeland est la première vraie ville que rencontrent la plupart des conducteurs côté Ryfylke du tunnel, et elle fonctionne bien comme point de repère — carburant, restauration, et le carrefour où les routes se séparent vers les vallées intérieures ou le long du fjord. Un peu plus loin, Forsand se trouve près de l’endroit où commence l’accès routier au côté intérieur du Lysefjord, ce qui explique en partie pourquoi le Ryfylke et le Lysefjord se confondent aussi facilement dans les esprits : plusieurs routes vers l’un passent près des routes vers l’autre.
Cela vaut la peine de résister délibérément à cette confusion. Se tenir à Forsand en regardant des bateaux remonter le Lysefjord vers Preikestolen, c’est une expérience « Lysefjord ». Se tourner dans l’autre sens, vers l’une des vallées secondaires en direction de Frafjord ou plus loin dans l’intérieur du Ryfylke, c’est une tout autre journée — des routes plus tranquilles, moins de cars de tourisme, et des paysages qui ne doivent rien à la foule du Rocher de la Chaire.
Rouler plus loin : vallées, routes secondaires et où elles mènent
Une fois passées les villes portes d’entrée, le Ryfylke récompense davantage une conduite sans hâte qu’une visite au pas de course. Le réseau routier serpente à travers des vallées étroites et longe des fermes en activité, avec des cascades qui apparaissent à des virages qu’on n’avait pas prévus. Deux des sites les plus spectaculaires de la région — le champ de blocs de Gloppedalsura et la petite communauté de Byrkjedal — se trouvent le long de ces routes intérieures, chacun suffisamment marquant pour mériter sa propre visite plutôt qu’un arrêt de cinq minutes ajouté à autre chose.
Plus loin encore à l’intérieur des terres, des routes mènent vers Sirdal via la longue portion rectiligne de Hunnedalen, un itinéraire de vallée qui évoque davantage l’intérieur montagneux de la Norvège que la côte quittée une heure plus tôt — un bon rappel de l’ampleur des changements d’altitude et de paysage que le Ryfylke concentre sur une distance relativement courte.
Rien de tout cela ne doit être confondu avec la route de montagne distincte qui descend vers Lysebotn, une route côté Lysefjord utilisée surtout pour rejoindre le Kjerag, et qui ferme dès les premières vraies chutes de neige de l’hiver. Les routes de vallée propres au Ryfylke résistent en général mieux en dehors du cœur de l’hiver, mais il faut toujours vérifier les conditions avant de conduire en intersaison — la météo du Rogaland change assez vite pour que le plan fait au petit-déjeuner ne ressemble plus à rien au déjeuner.
Cascades et canyons, en bref — les détails vivent ailleurs
Le Ryfylke est réellement dense en cascades et en formations rocheuses spectaculaires, et trois d’entre elles reviennent sans cesse dans la planification des voyages : la Månafossen, haute d’environ 92 m, au-dessus de Frafjord, le canyon jonché de blocs de Gloppedalsura, et la communauté de vallée de Byrkjedal, tout près.
Chacune mérite suffisamment d’attention — conditions du sentier, débit d’eau saisonnier, stationnement, minutage — pour justifier sa propre page dédiée plutôt qu’un paragraphe ici, aussi ce guide ne cherche-t-il pas à les couvrir en détail. Si une randonnée vers une cascade ou une marche dans un canyon est la raison pour laquelle vous vous rendez dans le Ryfylke, le guide de randonnée de la cascade de Månafossen et le guide d’excursion d’une journée dans le Ryfylke sont les prochaines étapes les plus utiles.
Sur l’eau : une manière plus tranquille de voir les fjords
Les bras de fjord intérieurs du Ryfylke, en particulier autour de Frafjord, sont plus calmes et moins fréquentés que la voie principale du Lysefjord, ce qui les rend bien adaptés à des manières plus lentes et autopropulsées de les explorer. Une sortie guidée en
kayak ou en paddle au départ de Frafjord
permet de s’approcher de l’eau et des falaises d’une façon qu’un bateau de croisière ne permettra jamais, et c’est un registre vraiment différent des bateaux touristiques bondés du Lysefjord.
Pour une journée de pagaie plus longue combinant deux bras de fjord avec une étape pour se réchauffer ensuite, il existe aussi une
sortie guidée en pagaie sur deux fjords se terminant par un sauna
— une bonne option pour profiter du temps sur l’eau sans avoir à planifier son propre itinéraire. Pour couvrir plus de distance plus rapidement, une
excursion en bateau RIB au départ de Sandnes
permet d’admirer les paysages de fjord à vive allure, et plus au nord, un
safari en RIB au départ de Haugesund vers les communautés insulaires
couvre une tranche différente, plus côtière, du vaste réseau de voies d’eau du Ryfylke et de Haugesund.
Aucune de ces sorties ne nécessite de condition physique préalable pour la randonnée ni d’expérience de via ferrata, ce qui en fait une façon raisonnable de construire une journée dans le Ryfylke si les sentiers les plus raides de la région ne sont pas ce que vous recherchez. Pour se préparer à l’une ou l’autre de ces sorties, le kayak sur le Lysefjord et les fjords intérieurs détaille ce à quoi s’attendre en matière de conditions et d’équipement, quel que soit le bras de fjord choisi.
Combien de temps le Ryfylke demande-t-il vraiment
| Type de visite | Temps nécessaire | Ce que cela couvre réellement |
|---|---|---|
| Excursion d’une journée ciblée | 1 jour | Une vallée ou une cascade, ou une activité nautique |
| Boucle en voiture individuelle | 2 jours | Jørpeland, une vallée intérieure, un arrêt cascade |
| Exploration régionale complète | 3-4 jours | Plusieurs vallées, Frafjord, routes en direction de Sirdal, activités nautiques |
Une seule journée depuis Stavanger suffit à justifier le passage par le tunnel, mais elle ne permet jamais de suivre qu’un seul fil de la région — une vallée, une cascade, une session de pagaie. Vouloir combiner Månafossen, Gloppedalsura et une sortie en kayak sur le fjord dans le même après-midi revient généralement à arriver à chaque endroit avec moins de temps qu’il n’en mérite. L’itinéraire de quatre jours dans le Ryfylke en voiture est construit précisément autour de ce problème — en consacrant une demi-journée à chaque vallée plutôt qu’en essayant de tout caser dans une seule longue boucle.
Conseils pratiques plus importants qu’ils n’y paraissent
Une voiture de location est quasiment indispensable pour voir plus que les villes portes d’entrée ; les bus Kolumbus circulent dans le Ryfylke, mais leur fréquence chute rapidement dès qu’on quitte la route principale, et les vallées intérieures où se trouvent cascades et canyons sont mal desservies par les transports en commun. Pour savoir si une voiture vaut le coup pour l’ensemble de votre séjour à Stavanger et pas seulement pour cette région, le guide sur la nécessité ou non d’une voiture à Stavanger est un bon point de départ avant de s’engager dans une location pour une seule journée dans le Ryfylke.
Le carburant et la nourriture coûtent à peu près comme partout ailleurs en Norvège — attendez-vous aux prix norvégiens habituels, en couronnes norvégiennes plutôt qu’en euros, la Norvège étant hors de l’Union européenne et de la zone euro. Le paiement par carte couvre pratiquement tout, y compris les stations-service isolées, si bien qu’il n’est pas nécessaire de prévoir des espèces pour un road-trip dans le Ryfylke.
La météo mérite le même respect ici que partout ailleurs dans le Rogaland : une matinée claire à Stavanger ne garantit pas un après-midi dégagé 45 minutes plus loin à l’intérieur des terres, et les sentiers de cascade en particulier peuvent devenir glissants très vite après la pluie. Prévoyez du vent et de la pluie quelle que soit la météo annoncée en quittant la ville, et si les conditions d’un sentier ou d’une route précise comptent pour votre plan, vérifiez-les le jour même plutôt que de vous fier à ce que vous avez lu la semaine précédente.
Enfin, mieux vaut être honnête sur la comparaison que la plupart des visiteurs feront de toute façon : le Ryfylke n’a pas de site unique aussi connu que Preikestolen ou Kjeragbolten. Ce qu’il offre à la place, c’est une région plus vaste et plus tranquille que l’on peut parcourir en voiture à son propre rythme, maintenant que le tunnel reliant Stavanger au Ryfylke a fait de ce rythme un choix réaliste plutôt qu’un défi logistique lié aux horaires de ferry.
Questions fréquentes sur la visite du Ryfylke
Le Ryfylke est-il la même chose que le Lysefjord ?
Non. Le Lysefjord est un fjord situé à l’intérieur du Ryfylke, et c’est celui dont la plupart des visiteurs entendent parler à cause de Preikestolen et de Kjeragbolten. Le Ryfylke lui-même est un réseau bien plus vaste de fjords intérieurs, de vallées secondaires, de cascades et de petites communautés qui s’étend bien au-delà des rives du Lysefjord.
Faut-il encore un ferry pour rejoindre le Ryfylke depuis Stavanger ?
Pas pour l’itinéraire principal. Le Ryfylketunnelen, ouvert en 2019, relie Stavanger au Ryfylke par la route sur environ 14,3 km, avec un point bas situé à environ 292 mètres sous le niveau de la mer. Des ferries desservent encore certaines zones extérieures de la région, mais le cœur du Ryfylke se rejoint désormais en voiture, sans réservation de bateau.
Combien de temps dure le trajet depuis Stavanger via le Ryfylketunnelen ?
La traversée du tunnel elle-même prend nettement moins de 15 minutes, et Jørpeland, de l’autre côté, se trouve à environ 45-60 minutes du centre de Stavanger une fois comptées les routes d’accès et la circulation en ville.
Peut-on visiter le Ryfylke en excursion d’une journée depuis Stavanger ?
Oui, pour une seule vallée ou une seule cascade. Une excursion d’une journée permet de couvrir confortablement une boucle ciblée — Frafjord et une cascade, par exemple, ou une session de pagaie sur un bras de fjord — mais les routes du Ryfylke sont longues et sinueuses, si bien que vouloir couvrir plusieurs vallées en une journée revient généralement à toutes les bâcler.
Le Ryfylke se prête-t-il à un itinéraire en voiture individuelle ?
C’est l’une des zones du Rogaland les mieux adaptées à cela. Les routes sont généralement bien entretenues hors hiver, les distances entre les étapes sont courtes selon les standards norvégiens, et une voiture affranchit de la dépendance aux horaires de bus limités qui desservent les vallées les plus reculées.
Que peut-on faire sur l’eau dans le Ryfylke en dehors d’une croisière sur le Lysefjord ?
Les bras de fjord intérieurs plus calmes du Ryfylke, notamment autour de Frafjord, se prêtent à des sorties guidées de kayak et de paddle qui atteignent des endroits où un bateau de croisière ne s’arrête pas, ainsi qu’à des safaris en RIB au départ de villes comme Haugesund et Sandnes pour un aperçu plus rapide de l’ensemble du réseau de fjords.
Le Ryfylketunnelen remplace-t-il la route de Lysebotn ?
Non, ils répondent à des besoins différents. Le Ryfylketunnelen permet de rejoindre le Ryfylke depuis Stavanger sans ferry. La route de Lysebotn est une route de montagne distincte, bien plus étroite, plus loin à l’intérieur de la région, utilisée surtout pour rejoindre le Kjerag, et elle ferme toujours dès les premières fortes chutes de neige de l’hiver.


